Porto #1
Valises, fatigue et premier stress
La veille du départ, l’excitation était bien là… et avec elle, un casse-tête logistique. Dom a passé une bonne partie de la soirée à jouer à Tetris avec son sac, essayant d’y faire entrer deux PC en plus du reste. L’angoisse principale ? Savoir si nos sacs passeraient en cabine ou si on devrait affronter le redoutable test de taille à l’aéroport. Après de multiples tentatives de réorganisation, on finit par s’avouer vaincus : si un agent de la compagnie regardait de trop près, c’était foutu.
Avec ça, la nuit a été très courte. Couchée vers 2h du matin, réveillée à 5h et quelques, j’ai eu juste le temps d’exécuter mes rituels d’avant-départ (vérifier les prises, jeter la poubelle…) avant qu’on file vers la gare de Bienne. Et là, première boulette : j’avais oublié ma brosse à dents ! Heureusement, on était en avance, j’ai pu en acheter une à la Coop de la gare, en même temps qu’un café et une bouteille d’eau.
Dans le train direction Zurich aéroport, on n’a presque pas parlé. La fatigue a pris le dessus, on a écouté un podcast Zack en Roue Libre où il interviewait Pape San, et sur la fin du trajet, on s’est rendu compte qu’on n’avait pas touché au café ni à l’eau. Alors, en mode express sur les cinq dernières minutes, on a tout bu… et en sortant du train, catastrophe.
Dom avait jeté ma brosse à dents dans la poubelle du wagon !!
Incompréhensible. Il avait pris le sac plastique où elle était rangée pour un déchet et l’avait balancé sans réfléchir. Autant dire que la matinée commençait bien.
Aéroport : moment de doute et miracle logistique
Arrivés à l’aéroport, on s’est dirigés vers les panneaux des départs pour trouver notre vol… et là, un moment de panique : pas de Porto sur l’écran. On a fini par repérer un vol pour « Oporto », ce qui nous a plongés dans un instant de doute intense : Oporto, c’est où ? On a vraiment eu ce moment où on s’est demandé si j’avais réservé un vol pour une ville complètement inconnue. Après une rapide vérification, on a découvert que « Oporto » est juste le nom souvent utilisé à l’international pour Porto, à cause de la façon dont les Portugais disent « o Porto » (« le port »).
Passé ce petit stress culturel, on a filé à l’embarquement. Finalement, aucun contrôle pour la taille de nos sacs : un miracle. Si on avait dû les mettre dans le cadre en métal, on aurait été bons pour payer un supplément… mais on est passés sans encombre.
Arrivée à Porto
Le vol s’est déroulé sans souci, et au décollage de Zurich, on a eu une vue sublime sur la chaîne des Alpes sous un grand ciel bleu. Mais en arrivant à Porto… gris total, ambiance nuageuse. Le contraste avec le beau temps suisse était frappant.
On avait un problème : notre Airbnb n’était accessible qu’à partir de 16h, et il était à peine 12h30. Et impossible de trouver un endroit où poser nos sacs. Résultat : on a passé l’après-midi avec 10 kg sur le dos. Premier réflexe : prendre un Uber direct pour Eleven Lab, un resto concept entre brunch et boutique streetwear de luxe, repéré à l’aéroport. L’endroit était sympa, la nourriture excellente (œufs bénédictes pour moi, « Broken Eggs » pour Dom avec champignons et patates douces), mais l’odeur de parfum était un peu trop forte pour un restaurant.
Ensuite, pour respecter la tradition de tous nos voyages au Portugal, on a cherché une Manteigaria pour déguster notre premier pastel de nata du séjour. Comme d’habitude, beaucoup de cannelle, mais pas de terrasse ensoleillée cette fois-ci, et toujours les sacs sur le dos.
Installation et premières courses
Après une mini-balade, il était enfin 16h : direction l’Airbnb. Mais en arrivant devant l’immeuble, nouvelle galère : une porte avec cinq boîtes à clés identiques. Et nous, essayant notre code sur toutes les boîtes, sans savoir laquelle était la nôtre. Après de longues minutes de confusion, juste avant d’abandonner, miracle, une boîte s’ouvre !
Une fois installés, j’étais lessivée et j’avais mal à la tête, donc sieste d’une heure avant d’attaquer la soirée.
Avant d’aller au resto, on a fait un saut dans un supermarché portugais pour racheter une brosse à dents (merci Dom…) et quelques provisions. On en a profité pour tester des produits typiques, ainsi que des boissons protéinées locales pour le sport.
Un dîner exceptionnel chez Domo Domo
Pour notre première soirée, on avait réservé Domo Domo, un restaurant qu’on recommande à 1000 %. On a pris le menu du chef en 10 services, et c’était une véritable expérience gastronomique.
Parmi les surprises :
Une huître en troisième plat, inattendue mais délicieuse.
Des œufs de bar (sea bass) servis encore dans leur poche, à déposer sur un bol de riz.
Des têtes de bar grillées au gros sel, servies avec un bol d’eau citronnée.
Et là, moment mémorable : on ne comprenait pas du tout comment les manger. On essayait d’utiliser les baguettes en ignorant complètement le bol d’eau… jusqu’à ce que j’appelle le serveur pour lui demander si c’était pour se laver les mains. Réponse : « Bien sûr, vous devez manger ça avec les mains, c’est impossible avec des baguettes ! »
Dom était à deux doigts de tremper le poisson dans l’eau, pensant que c’était une sorte de sauce ! Une fois l’info comprise, on a attaqué les têtes à la main, et c’était incroyable. Même les yeux y sont passés, ne laissant qu’une petite perle translucide à la fin.
Une nuit perturbée : cauchemar et quiproquo
Repus et épuisés, on est rentrés à l’Airbnb, pensant regarder un film sur l’iPad… mais on s’est endormis direct. Enfin, jusqu’à mon cauchemar.
J’ai rêvé que quelqu’un entrait dans la chambre et que je voyais une silhouette dans la pénombre. Dans la panique, j’ai crié dans tout l’appartement, réveillant Dom en sursaut. Sa première pensée ? Un rat.
Il m’a réveillée en me demandant ce qui se passait, pensant que j’avais vu un animal dans la chambre. J’ai mis quelques secondes à comprendre que ce n’était qu’un rêve, et après quelques minutes pour me calmer, on a pu se rendormir.
Entre les galères de valises, les découvertes culinaires incroyables et mon réveil nocturne digne d’un film d’horreur, cette première journée à Porto a été bien remplie. On s’est endormis en se disant qu’on avait déjà vécu pas mal d’émotions en à peine 24h… et que la suite du voyage promettait d’être tout aussi riche !