| |

Porto #4

Après plusieurs journées bien remplies, nous avions décidé de ralentir le rythme pour ce dimanche. Voyager sur trois semaines, c’est aussi apprendre à ménager son énergie pour ne pas rentrer plus fatigués qu’au départ. L’idée était donc de profiter d’une journée plus calme, de se poser un peu à l’appartement et d’avancer sur nos projets personnels.

Le matin, la première chose que j’ai faite en me levant, c’est de lancer une lessive. Ce n’est pas forcément la partie la plus glamour du voyage, mais c’est aussi ça, la vie de voyageur : organiser son quotidien entre découvertes et tâches pratiques. Nous avions justement choisi un Airbnb avec une machine à laver pour pouvoir tenir sur la durée. Cette fois, c’était une tournée de linge blanc, histoire de remettre à neuf nos vêtements et sous-vêtements avant d’attaquer la suite du voyage.

Une fois la machine lancée, nous sommes sortis bruncher dans un petit café juste à côté de notre appartement : Alice in Brewland. L’endroit était sympathique, mais sans plus. Nous avons été installés juste à côté de la porte d’entrée, ce qui n’était pas l’idéal en cette saison. Chaque ouverture laissait passer un courant d’air frais, un détail sûrement agréable en été mais qui l’était nettement moins en ce début de mars encore frisquet.

Côté nourriture, nous avons comme d’habitude tout partagé. J’ai pris le brunch Alice, composé d’œufs bénédictes, de pancakes aux brownies et glace vanille, ainsi qu’un yaourt aux fruits avec granola, miel et cannelle. Pour accompagner tout ça, j’ai commandé un Alice Latte, une boisson qui m’a surprise par sa taille… et par le fait qu’elle soit servie avec un donut ! De son côté, Dom a opté pour des Turkish eggs et un café, qui s’est révélé étonnamment piquant.

Si le repas était bon, il ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Peut-être que l’endroit était un peu trop hypé ou que nous sommes devenus exigeants après nos nombreuses expériences culinaires en voyage. Cela dit, un moment a particulièrement marqué ce brunch : en remerciant la serveuse, j’ai spontanément lâché un “gracias” au lieu de “obrigado”. Je ne sais pas d’où c’est sorti, mais j’ai aussitôt baissé les yeux vers mon assiette, espérant me fondre dans l’anonymat du café.

Après ce brunch tranquille, nous sommes rentrés à l’appartement pour nous poser et avancer sur nos projets respectifs. Une journée de repos bienvenue avant de repartir explorer Porto !

Retour à l’appartement : galères de backup et réflexions sur l’organisation

De retour à l’appartement, la première mission a été d’étendre le linge, la lessive étant terminée. Une petite tâche du quotidien, mais qui fait toujours plaisir en voyage, surtout quand on sait que nos vêtements seront prêts pour les prochains jours d’exploration.

Ensuite, nous nous sommes mis à travailler sur nos projets, et plus particulièrement à back-upper tous nos contenus photo et vidéo des derniers jours. L’idée était de tout stocker sur KDrive pour sécuriser les souvenirs et libérer un peu d’espace. Mais très vite, les galères ont commencé.

Déjà, les quelques photos de mon appareil photo ont mis une éternité à se transférer. Mais le vrai cauchemar a été le backup des photos et vidéos de mon téléphone. Rien d’exceptionnel pourtant : seulement 300 fichiers, soit l’équivalent des 3-4 derniers jours… et pourtant, cela a pratiquement pris toute la journée.

Très vite, j’ai compris que le Wifi de l’appartement était probablement la connexion la plus lente que j’aie jamais vue. Pour optimiser le temps, j’ai décidé de faire une sieste en espérant que le transfert continue en arrière-plan. Sauf qu’au réveil, rien n’avait avancé. J’ai alors découvert que KDrive ne pouvait pas exécuter la tâche en arrière-plan, m’obligeant à garder l’application ouverte en premier plan pendant tout le processus.

C’est à ce moment-là que j’ai compris une chose essentielle : ce système n’était pas du tout viable pour un long voyage, surtout avec des connexions aussi limitées. C’était d’ailleurs l’un des objectifs de ce séjour test avant notre voyage en Asie : identifier les points à améliorer dans notre organisation. Ce jour-là, la leçon était claire : je devais absolument m’équiper de disques durs pour gérer mes backups.

Je me suis donc dit que la meilleure solution serait d’avoir deux disques durs :

• Un toujours dans mon sac à dos, pour y stocker mes fichiers au fur et à mesure.

• Un autre laissé à l’hôtel ou dans un endroit sécurisé, pour éviter de tout perdre en cas de vol ou de problème technique.

Après cette prise de conscience et une journée quasi entière à batailler avec le backup, j’en ai eu assez et j’ai eu envie de changer d’air mentalement. Plutôt que de me focaliser sur les contraintes techniques, j’ai proposé à Dom de travailler sur notre projet de marque de vêtements.

Avant d’arriver au Portugal, j’avais déjà retouché toutes les photos destinées à notre première campagne. L’étape suivante était donc de commencer à travailler sur le site web. La première mission a été de définir la homepage, et on a rapidement réalisé à quel point partir de zéro était un défi. Concevoir une plateforme qui reflète vraiment notre vision s’est avéré plus complexe que prévu.

Après quelques hésitations, nous avons décidé d’adopter notre technique du “verre de vin” : prendre le temps d’échanger, d’aligner nos idées et de clarifier nos intentions, comme si l’on discutait autour d’un verre en terrasse. Ce simple changement de dynamique nous a permis de débloquer plusieurs points et d’avancer plus sereinement.

J’ai aussi pris conscience d’une autre difficulté : le switch mental entre la partie découverte et vacances du voyage, et la partie plus créative et entrepreneuriale. J’ai encore du mal à jongler entre ces deux aspects, mais je me dis que c’est une question d’entraînement et d’habitude. Avec le temps, j’espère trouver un vrai équilibre entre profiter du voyage et faire avancer nos projets.

Un dîner vietnamien à Porto

Après cette journée à jongler entre backups laborieux et travail sur notre projet, nous avons décidé de sortir dîner. Trouver un restaurant n’a pas été aussi simple que prévu, car celui où nous voulions manger – un spot de burgers – était finalement fermé. Plutôt que de perdre du temps à fouiller sur Google Maps, nous avons opté pour une balade spontanée dans le quartier, à la recherche d’un endroit qui nous inspirerait sur le moment.

C’est Dom qui a repéré Bêp Viêt, un restaurant vietnamien qui lui donnait envie. La décoration était sympathique, bien que sans grande originalité, mais dans l’ensemble, l’endroit était dans son thème. Seul détail un peu étrange : la musique d’ambiance. Au lieu d’une atmosphère sonore en lien avec le Vietnam ou même le Portugal, le restaurant diffusait de la musique latine, ce qui nous sortait un peu du décor.

Côté nourriture, le repas a été globalement bon, sans être exceptionnel. Nous avons commencé avec des rouleaux de printemps, frais et agréables. Ensuite, j’ai commandé un Pho : le bouillon avait vraiment du goût, ce qui est un bon point, car il m’est déjà arrivé d’en avoir des trop fades. Comme toujours, il y avait de quoi l’assaisonner soi-même, ce que j’apprécie particulièrement dans ce plat. En revanche, la viande ne m’a pas convaincue… mais je dois avouer que je suis assez difficile avec la viande en général.

Dom, lui, a opté pour des nouilles au bœuf, et après avoir goûté son plat, je les ai trouvées meilleures que mon Pho. Il semblait bien apprécier son choix, ce qui nous a rassurés sur la qualité du restaurant.

Le vrai point fort du repas a été les desserts vietnamiens, car nous avons pu en goûter trois différents :

• Un à base de tapioca, à la texture douce et légèrement sucrée.

• Un autre à base de riz, plus dense, avec une saveur proche du lait de coco.

• Et enfin, une sorte de flan, qui se rapprochait d’un flan caramel mais avec une touche asiatique.

Pour finir le repas, Dom a voulu tester un café vietnamien particulier, préparé avec un jaune d’œuf. Un mélange surprenant, mais qui, au goût, ressemblait à un tiramisu… sans les biscuits ! Il a adoré, et c’était une belle découverte pour nous.

Après ce dîner intéressant, nous sommes rentrés tranquillement à l’appartement, clôturant ainsi une journée paisible, rythmée entre moments de détente, défis techniques et bonnes discussions sur nos projets.

Retour à l’appartement et nuit mouvementée

Après ce dîner intéressant, nous sommes rentrés tranquillement à l’appartement, avec l’objectif de passer une bonne nuit de sommeil avant notre activité du lendemain : un cours de cuisine sur les pastéis de nata.

Seul petit bémol : en plein milieu de la nuit, Dom a été réveillé par la musique incessante de l’un de nos voisins. Plus particulièrement, selon lui, les basses faisaient littéralement trembler le lit. Ce qui aurait pu être une anecdote anodine a pris une tournure encore plus drôle quand j’ai été réveillée non seulement par le bruit… mais aussi par Dom déambulant dans l’appartement, à la recherche d’un hypothétique formulaire de plainte pour tapage nocturne au Portugal. Pauvre Dom, il n’a clairement plus 20 ans, haha !

Je me demande aussi si son café vietnamien à l’œuf n’a pas joué un rôle dans son agitation nocturne…

Finalement, nous avons décidé de repousser notre réveil d’une heure pour compenser ce sommeil interrompu.

Un dernier détail a marqué cette nuit : ma grand-mère paternelle m’a rendu visite dans un rêve. Elle m’avait tellement manqué. Elle m’a simplement dit de profiter.

Une belle façon de conclure cette journée, malgré ses imprévus.

La suite